Terme | Définitions |
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HADÈS | [Plutarque, « Sur la vie et la poésie d’Homère » dans van Kasteel, H., Questions Homériques, Beya, 2012, p. 192] 1 – « L’Hadès correspond à la région située entre la terre et la lune, cf. Plutarque, De la face qui paraît sur la lune, 943c. Voir aussi Stobée, Mélanges de physique, XLI, 61 : « Homère sous-entend allusivement que la région lunaire est le lieu approprié aux esprits de ceux qui ont vécu pieusement ; voici par quels vers : “Toi, c’est vers les champs Élysées et les confins de la terre que les immortels t’enverront, chez le blond Rhadamanthe” [Odyssée, IV, 563 et 564]. Il appelle avec raison “champs Élysées (ºlÚsion)” la surface de la lune éclairée par le soleil (¼lioj), “quand les rayons du soleil la font croître”, pour citer Timothée, et “confins de la terre” l’extrémité de la nuit, celle-ci étant, selon les mathématiciens, l’ombre terrestre qui, souvent, effleure la lune ; la terre a donc comme extrémité le point au-delà duquel son ombre ne peut pas s’étendre. » [Cornutus , « De la théologie grecque », dans van Kasteel, H., Questions Homériques, Beya, 2012, p. 14] 2 – Le frère de ces dieux [Zeus, Poséidon, Héra, Hestia et Déméter] est, dit-on, Hadès. Il représente l’air dont les parties sont les plus épaisses, qui est le plus proche de la terre. En effet, il naît en même temps qu’eux, c’est-à-dire quand la nature a commencé à couler (·e‹n) et à accomplir (kra…nein) les êtres selon des méthodes qui lui sont propres. Son nom d’Hadès (“Aidhj) s’explique par le fait qu’il est proprement invisible, raison pour laquelle on écrit aussi son nom avec diérèse : 'A…dhj. […]. Le même dieu s’appelle aussi Pluton (PloÚtwn) : parmi toutes les choses périssables, il n’y a rien qui, pour finir, ne soit englouti par lui et qui ne devienne sa propriété. [Cornutus , « De la théologie grecque », dans van Kasteel, H., Questions Homériques, Beya, 2012, p. 77] 3 – Hadès (“Aidhj), enfin, représente l’air qui reçoit (decÒmenoj) les esprits. Ce nom, je l’ai dit, est dû à son invisibilité (¢eid»j) : les choses souterraines n’apparaissant pas à nos yeux, c’est là que vont, selon la rumeur, ceux qui nous quittent. Hadès est qualifié de klÚmenoj (« qui fait du bruit ») ; c’est qu’il est la cause du bruit qu’on entend (klÚein). En effet, le son est un air percuté. On l’appelle « bon conseiller » (eÜbouloj ou eÙbouleÚj) de manière apotropaïque, comme s’il nourrissait de beaux projets (kalîj bouleuÒmenoj) à l’égard des hommes, en mettant fin un jour à leurs peines et soucis. Voir aussi : Monde 3 |